Comment choisir son matériel : Episode 3, le matériel vélo

Sur quels critères choisir le matériel et comment j’ai choisi le mien?

Episode 3 : Le matériel vélo

Le Cervélo P5, un grand classique en Triathlon
Le Cervélo P5, un grand classique en Triathlon

L’épisode tant attendu par un grand nombre, le matériel vélo… Pour faire un rappel, il est préférable de bien se préparer physiquement, comprenez ici un objectif bien défini, un planning correspondant et un entraînement régulier et progressif, plutôt que de dépenser des sommes astronomiques pour avoir le même matériel que les 10 meilleurs triathlètes mondiaux. Le matériel peut avoir un impact mais bien moindre qu’une bonne préparation.

Le matériel pourra être choisi en fonction de vos besoins et bien sûr de votre budget.

Le vélo

La question se pose souvent pour savoir quel vélo choisir. Il existe déjà deux familles de vélo pour faire du triathlon. Le vélo de route « classique » et le vélo de contre la montre.

Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients.

Le vélo de route a l’avantage d’être facile à trouver et d’exister dans un panel de taille très large. Vous trouverez forcément « chaussure à votre pied ». Il est très important que la taille du vélo soit la bonne pour que vous puissiez pédaler de manière optimum.

Autre avantage des vélos de route, il sont généralement plus légers que les vélos de contre la montre. Bien sûr un vélo de CLM (contre la montre) de très haut de gamme sera léger mais à un tarif pouvant vous arrêter le cœur net juste à la vision de celui-ci.

Le vélo de route aura également une position plus tolérante et donc plus accessible pour quelqu’un qui débute.

cannondale-caad12
Le Cannondale Caad 12, un vélo au cadre alu performant

Le vélo de CLM aura quant à lui une position très radicale avec un guidon très bas pour mettre le buste à l’horizontal (recherche d’une meilleure pénétration dans l’air). Il aura également une position de selle plus avancée pour pouvoir, d’une part, aller chercher ce guidon avancé et rabaissé, et d’autre part, avancer le bassin pour pédaler davantage en puissance.

L’ensemble des tubes constituant le cadre seront quant à eux ultra profilés, toujours pour une recherche d’amélioration du Cx (coefficient de pénétration dans l’air).

Le plasma de chez Scott est purement un vélo de contre la montre
Le plasma de chez Scott est purement un vélo de contre la montre

Le vélo de CLM est conçu pour la performance, il sera donc également plus fatiguant à « emmener » et particulièrement dans les côtes où la position est moins avantageuse.

Sur le choix du cadre, vous devrez donc vous orienter sur un vélo de CLM si vous participez plutôt à des épreuves à faible dénivelé. Si au contraire vous envisagez de faire des courses plutôt en montagne, le vélo de route sera plus judicieux. En montagne l’aérodynamisme a beaucoup moins d’intérêt, en revanche le poids est l’ennemi N°1 de l’élévation.

Ensuite sur les vélos de route vous aurez le choix entre un cadre en aluminium et un cadre en carbone.

On retrouve généralement les cadres alu sur les entrées et milieux de gamme et le carbone sur les milieux et hauts de gamme. L’avantage du carbone est souvent le poids, mais attention un très bon cadre alu est parfois plus performant qu’un cadre carbone moyen.

Vous pourrez également trouver chez des fabricants de taille plus modeste mais néanmoins très réputé, des cadres en titane. Ceux-ci ont la réputation d’être très confortables et ils sont généralement sur mesure. La taille sera donc idéale pour vous.

Levacon propose des cadres titane sur mesure de qualité
Levacon propose des cadres titane sur mesure de qualité

Rappelons que la taille et les réglages sont extrêmement importants pour être bien installé et donc performant.

Mon choix :

J’ai deux vélos, un cadre aluminium avec lequel j’ai débuté et qui fonctionne toujours très bien. Je le garde pour faire de l’entrainement. L’autre est aussi un vélo de route mais en carbone. Il est plus léger et la position a été étudiée davantage pour la vitesse donc il est un peu plus radical. Il reste malgré tout très polyvalent et me permet de m’aligner sur tout type d’épreuve.

Les roues

Les roues ont leur rôle à jouer d’un point de vue confort et performance.

Le rayonnage joue un rôle dans la rigidité de celle-ci. On trouve des roues avec un nombre de rayon très faible -de 20 par roue. Celles-ci sont à éviter si vous avez un gabarit imposant et plutôt puissant. Vous les déformerez quand vous vous mettrez en danseuse. Privilégiez dans ce cas des roues avec un nombre de rayons plus important ou avec des croisements plus nombreux. Si vous avez peur de ne pas faire le bon choix, n’hésitez pas à vous faire conseiller par un professionnel.

Le profil jouera lui un rôle dans l’aérodynamisme. Un profil bas aura un moins bon coefficient de pénétration dans l’air, il faudra donc fournir plus d’effort pour maintenir un rythme élevé pour rouler vite sur le plat.

En revanche, les profils bas sont généralement plus légers et donc plus performants pour les ascensions.

Les roues à profil bas sont légère et avantageuses pour les ascensions
Les roues à profil bas sont légère et avantageuses pour les ascensions

Les roues à profil haut seront donc plus performantes en terme d’aérodynamisme, elles vous permettront de rouler vite sur le plat car elle entretiennent naturellement le mouvement par leur forme (qui freine moins) et leur inertie (masse plus importante). La rigidité sera un peu moins importante car c’est un effort régulier et constant.

En hauteur de profil, il existe un panel assez large
En hauteur de profil, il existe un panel assez large

Comme pour les cadres, il existe des roues en aluminium et d’autres en carbone. On trouve également des mixtes alu/carbone qui permettent d’être polyvalentes tout en restant accessible financièrement.

Le prix des roues alu reste accessible même sur du haut de gamme. Les roues carbones s’useront plus vite dans le temps et auront des tarifs très importants pour les modèles haut de gamme.

Les roues qui sont entièrement fabriquées en carbone nécessitent d’avoir des patins de freins spéciaux.

Pour résumé, en terme de roue, il faudra comme pour la cadre et même peut être plus encore définir quel est votre besoin. Pour faire de la montagne, il faudra clairement privilégier des roues à profil bas légères et rigides. Au contraire, pour les épreuves plus plates, vous pourrez axer votre choix sur des roues plus hautes et plus lourdes.

Mon choix :

J’ai deux paires de roue, une paire de type aéro qui un profil raisonnable de 50mm car je souhaitais qu’elles restent polyvalentes. En effet elles ne sont pas trop lourdes et passent aussi pour les épreuves avec un peu de dénivelé. Elles sont munies de rayons en carbone et de fait, sont très rigides. C’est un très bon compromis que j’utilise la plupart du temps. J’ai à côté de ça une deuxième paire de roue plus orienté montagne qui privilégie le poid et toujours la rigidité. Je roule parfois aussi avec ces roues en entraînement pour économiser les autres.

Les pneus

Le choix des pneus est peut être moins primordial que le cadre et les roues dans la performance. Il peut l’être dans la sécurité.

3 aspects définissent un pneu.

  • La taille (ce que tout le monde comprend)
  • La sculpture (ce sont les dessins que vous voyez apparaître sur la surface extérieure)
  • La structure (comment le pneu est constitué intérieurement)

La taille

En terme de diamètre, vous n’aurez pas à choisir (comme sur votre voiture), celui-ci est aujourd’hui standardisé sur toutes les roues de vélo de route à 700mm. Un casse tête de moins.

En terme de largeur, on pourra jouer légèrement, les 2 tailles les plus courantes sont actuellement le 23mm et le 25mm. On trouve plus généralement du 23mm car cela correspond plus ou moins à la largeur des jantes. Si l’on souhaite privilégier le confort on pourra donc s’orienter sur une largeur de 25mm.

La sculpture

Sur la sculpture, vous aurez cette fois plus de choix. D’un part les pneus « slick » c’est à dire sans dessins comme l’on retrouve sur les moto de grand prix ou jadis sur les formules 1. L’avantage est clairement d’avoir plus de gomme en contact avec le sol et souvent avec des gommes très tendres. Cela procurera un avantage en terme d’adhérence. Un autre avantage auquel tout le monde ne pense pas, c’est qu’ils s’usent souvent moins vite du fait qu’ils n’ont pas de découpe dans la surface avec le sol.

En revanche, un pneu sans sculpture ne pourra pas cassé le film d’eau et dégagé celle-ci rapidement sur route mouillée. Il aura donc cette fois une adhérence moindre en conditions humides.

Il existe aujourd’hui d’excellents pneus avec des dessins permettant de rouler par tout temps. Ils sont d’ailleurs vendus sous ce nom ou un dérivé « tout temps » ou « 4 saisons ».

La structure

On parle ici du tressage des fils qui forment la structure interne. Cela commence à devenir complexe pour le client lambda. Il faudra retenir simplement le nombre de fils qui jouera un rôle sur la capacité à se déformer.

Les manufacturiers parle de TPI pour le nombre de fils par pouce. Au dessus de 100 TPI, ce sont des pneu de grande qualité

Mon choix :

J’ai essayé pas mal de pneu et la plupart étaient très bien avec leurs avantages et inconvénients respectifs. Je choisis toujours des pneus en privilégiant une adhérence maximum. J’ai aujourd’hui des pneus de type « tout temps » pour une question de polyvalence et de praticité (en général 120 TPI).

Les braquets

Comprenez par là le rapport de démultiplication, la boite de vitesse de votre vélo.

On parle de cassette pour les pignons situés sur la roue arrière et de plateaux pour ceux du pédalier.

Pour les pédaliers il existe pour la route trois gammes de pédalier standard, on parle de :

  • Compact (pédalier à deux plateaux de taille modérée)
  • Double (pédalier à deux plateaux de taille importantes)
  • Triple (pédalier à trois plateaux allant de très petit à très gros)
Un pedalier compact de la marque Shimano
Un pedalier compact de la marque Shimano

On pourrait presque définir ces gammes de plateaux pour une utilisation débutant – confirmé – expert/pro

En effet le triple plateau convient très bien aux novices grâce à sa grande plage d’utilisation ou encore à ceux qui ne souhaitent faire que de la montagne.

Le compact sera utilisé par les personnes qui ont déjà un certain niveau d’entraînement car en côte, il n’y aura plus de tout petit plateau qui permet de réduire le rapport et facilité la montée.

Le double est clairement utilisé par les cyclistes très performants et les professionnels. Il n’a, comme son cousin le compact, que 2 plateaux, et ceux-ci seront en plus de grande taille. Il faudra donc une grande puissance pour pouvoir gravir les pentes raides. En revanche il permettra d’aller très vite sur les parties roulantes.

Un rapport de démultiplication se définit par : pignon menant/pignon mené

Vous entendez certainement parlé de 53/12 ou encore 39/25

Le 53 correspond aux nombre de dents du plateau et 12 aux nombre de dents du pignon arrière.

Sur un compact il y aura 50 dents sur le gros plateau et 52 pour un double ou un triple (en général).

Le compact sera ensuite équipé d’un petit plateau de 34 dents et de 39 pour le double et 32 pour le petit du triple.

Le triple aura donc un plateau intermédiaire de 42 dents, ce qui le rend donc plus accessible que ses frères.

Au niveau de la cassette les tailles les plus courantes sont :

11-25 / 12-25 / 12-27 (sur des cassettes de 10 vitesses)

12-25 est probablement la plus standard de toute. C’est un bon compromis.

Une cassette 10 vitesses de chez SRAM
Une cassette 10 vitesses de chez SRAM

A l’inverse des plateaux, plus le nombre de dents sera grand et plus le rapport de démultiplication sera grand.

La 11-25 aura donc un pignon plus petit pour rouler plus vite sur le plat ou en descente. A contrario, la 12-27 permettra avec son 27, de « tirer plus court » et de monter plus facilement les côtes.

L’avantage du triple plateau est d’avoir plus de modularité, il est au contraire plus lourd et déforme plus les chaines. Les 2 plateaux vrilleront moins la chaine et elle s’usera moins vite.

Il est possible en terme de braquet de faire sa configuration optimum. Le choix des plateaux est à faire à l’origine car ensuite, il est généralement impossible de changer à cause des supports de fixation. On peut faire varier d’une dent ou deux avec des plateaux en après vente (50–>51) mais on ne peut pas passer d’un double à un triple.

En revanche pour la cassette, on peut aisément changer la taille des pignons (mais pas le nombre).

Mon choix :

J’ai pour ma part un pédalier compact et une cassette de 11-25. c’est le meilleur compromis que j’ai trouvé mais cela peut être différent pour chacun. Il y a quelques années je roulais avec une cassette de 12-27 car j’avais du mal en côte. Puis ensuite j’ai évolué vers une 12-25 et maintenant une 11-25 me convient très bien.

Le double plateau est très difficile à emmener en côte.

Les freins

En terme de frein, la majorité des vélos de route sont équipés de frein à patin. Une nouvelle tendance qui arrive doucement est les freins à disque. Ce n’est qu’un point de vue personnel mais je ne vois pas trop l’utilité de ce type de montage sur la route. Cela fera à mon sens que grimper le poids sur le vélo.

L’intérêt du disque est total en revanche pour le cyclocross où les freins sont exposés à la boue.

Ensuite sur les freins à patin, vous pourrez choisir le niveau de gamme comme par exemple dans la marque Shimano vous pourrez choisir entre l’entrée de gamme appelé 105 puis ensuite le milieu de gamme nommé Ultegra et pour finir le haut de gamme Dura ace. Certains revendeurs disent que l’on gagne en puissance de freinage. Pour avoir essayer plusieurs modèles, je ne suis pas convaincu et n’a trouvé aucune différence de puissance. Le gain sera essentiellement sur le poids des mécanismes.

Un étrier de frein à patins Campagnolo avec son levier de commande
Un étrier de frein à patins Campagnolo avec son levier de commande

Commande de vitesse

Comme pour les freins, vous aurez le choix des différents niveaux de gamme mais il sera également possible de choisir entre de la commande mécanique (le plus courant et accessible) ou de la commande électrique. Il n’y aura pas de gain de poids car il faut embarquer quelques boitiers supplémentaires (le cerveau et la batterie). Le gain sera sur l’agrément de pilotage où les passages seront plus rapides que sur du mécanique. Attention toutefois au coût initial et à l’entretien…

Gourdes

Cela pourrait paraître étrange d’aborder le sujet des gourdes (ou bidons), cependant il est important de s’hydrater surtout si vous envisagez d’aller sur des longues distances exigeantes.

Pour cela vous avez encore une fois pléthore de choix. Les bidons classiques qui se logent au milieu du cadre de petite (500ml) ou grande capacité (750ml).

Ensuite vous aurez la possibilité d’avoir des bidons plus aérodynamiques. Certains avec un profil plus effilés pour mettre toujours au milieu du cadre moyennant des supports spécifiques ou encore des bidons qui se logent à l’avant du guidon et qui vous permettent de boire tout en étant couché.

Porte bidon avant profilé de chez Profil Design
Porte bidon avant profilé de chez Profil Design

Certains mêmes pourront se recharger rapidement avec un couvercle « rapide » pour les ravitaillements.

Il existe également des kits de fixation qui se placent à l’arrière de la selle et qui permettent d’augmenter la capacité de boisson ou même d’un autre accessoire tel qu’un kit de réparation de roue. En revanche ceux-ci, malgré la communication que l’on peut voir parfois, n’ont rien d’aérodynamique.

Porte bidon à l'arrière de la selle de chez Profil Design
Porte bidons à l’arrière de la selle de chez Profil Design

Option

Sur un vélo de CLM, le guidon sera naturellement équipé du prolongateurs pour la position aérodynamique.

Sur un vélo de route, c’est un accessoire qui peut se rajouter facilement et qui peut être accessible financièrement si on le choisit en aluminium. Constitué de carbone, la facture va s’alourdir rapidement et vous permettra de gager quelques grammes.

Prolongateur de guidon aéro
Prolongateur de guidon aéro

Cet accessoire procure un gain non négligeable en vitesse pour un prix raisonnable. C’est à mon sens un bon investissement et l’on en voit d’ailleurs sur presque tous les vélos en compétition. Attention toutefois car leur longueur est limité sur certaines épreuves (celles en général où le drafting est autorisé).

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